sauveur emmerdeur

Sauveur ou emmerdeur – défi BD couple #6

tu n es pas ma mere

Comme dirait mon frère :

“Penser ce qu’on dit, c’est être honnête. Dire tout ce qu’on pense, c’est n’être qu’un emmerdeur.”

Nous en sommes tous au même point : victimes d’un égo favorisé par l’éducation et la société. On croit qu’on sait tout mieux que tout le monde. Hé oui, tout le monde a un avis ! Et j’ai l’impression qu’en France, on a surtout un avis très critique !

Libre arbitre et autonomie

Il y a pourtant bien un sujet sur lequel nous devrions rester maîtres, c’est notre propre vie. Nous devrions pouvoir conserver notre libre arbitre, faire nos choix et vivre comme nous l’entendons. Ceci, bien sûr, dans le respect de la liberté de l’autre.

Nous nous reconnaissons tous dans des exemples similaires à celui de l’illustration, tantôt d’un côté, tantôt de l’autre.

Quand nous parlons d’un problème, nous n’avons pas forcément envie de recevoir des conseils ou des recommandations. Le plus souvent, nous voulons juste une oreille amicale et bienveillante.

Malheureusement, il est fréquent que le récepteur du message ait l’irresistible envie d’enfiler sa tenue de super héros pour venir au secours de l’autre. Et on ne comprend pas que le “sauvé” puisse ne pas apprécier l’aide si généreusement prodiguée. Le pire, c’est quand le sauveur finit par une attitude agressive : sauveur puis agresseur.

Or, une aide ou un conseil, pour être apprécié, doit être désiré. Sinon on se mêle de ce qui ne nous regarde pas. Et peu importe la personne en face, surtout s’il s’agit de votre partenaire de vie.

 

Il en va de même pour les enfants. Combien de fois nous arrive-t-il de voir un adulte “secourir” un enfant, alors qu’il n’avait demandé aucune aide ? Parfois la réaction de l’enfant est violente, il s’énerve et hurle. Une limite importante a été dépassée, celle de l’autonomie.

Compagnon de route

Comment apporter efficacement son aide ?

Principalement en proposant son aide plutôt que de l’imposer : “Veux-tu mon avis ou mon aide ?”.

Également en adoptant une attitude adulte et en évitant de se comporter comme un parent avec son enfant. Notre compagnon n’est plus un enfant. Il peut s’irriter d’être infantilisé de la sorte : “Tu n’es pas mon père !”. A l’instar d’un enfant, la réaction peut être agressive. Il s’agit d’un cri de révolte envers tout ce qui empêche l’émancipation.

Il est préférable de faire confiance dans la capacité de l’autre à trouver la solution la mieux adaptée. “Que comptes-tu faire ?” Cette attitude est nettement plus valorisante et aide l’autre à comprendre ses erreurs et à progresser. Elle veut dire : “Je t’aime et j’ai foi en toi.”

Est-ce que ça ne devrait pas être ça, la vie de couple ? Un terrain fertile à l’épanouissement personnel et une émulsion qui pousse à s’améliorer.

Posted in Communication, Illustrations, Problème de couple.

2 Comments

  1. Lorsque la femme raconte un problème à son mari, elle ne s’attend pas à recevoir une SOLUTION.

    Au contraire, l’homme est câblé « résolution de problèmes ». Il fonce tête baissée pour AIDER l’autre à tout prix.

    Résultat des courses : un blocage se crée.

    Le besoin de SÉCURITÉ de la femme n’est pas rempli.

    La solution : la compréhension doit précéder les conseils !

    Au plaisir de vous lire tous les deux 😉

    À bientôt,

    Morgan

    • Salut Morgan, merci pour ton commentaire.

      En effet, la situation que tu évoques place traditionnellement la femme et l’homme dans des rôles bien précis. La femme veut simplement parler pour décompresser, l’homme cherche à tout prix à résoudre le problème parce qu’il se définit par sa compétence.

      Même si j’ai pu souvent vérifier ce schéma de fonctionnement, je préfère néanmoins prendre de la distance avec certaines vérités présentées par John Gray (à qui tu fais implicitement référence).

      Le comportement, les réactions, la façon de se considérer soi-même et de vivre ses relations ont certainement une part d’inné mais il ne faut pas oublier tout le reste : le poids de l’éducation et des mots d’ordre transmis par les parents, la pression sociale exercée (famille, école, amis, puis collègues), les modèles «imposés» par la société moderne via les différents médias, la pub… Toutes ces choses contribuent, selon moi, davantage à la structuration de la personnalité et des schémas mentaux des individus.

      C’est pour cette raison qu’inverser les rôles dans l’illustration ne nous semblait pas déraisonnable. On connaît tous des épouses qui régentent tous les aspects de leur couple, des hommes moulins à paroles qu’on a du mal à arrêter, des femmes qui ont un avis sur tout et aiment le partager… Les rôles me semblent bien moins stéréotypés que ce qu’on voudrait nous faire croire.

      L’article et l’illustration sont essentiellement des réflexions par rapport à l’analyse transactionnelle. L’attitude de sauveur est une dérive du rôle de parent bienveillant et peut se manifester par une ingérence excessive dans la vie des autres. Si le sauvé ne se plie pas à la volonté du sauveur, la situation devient conflictuelle, transformant souvent le sauveur en persécuteur. La situation présentée par l’illustration est un jeu psychologique classique et non genré 🙂

      A bientôt.

      Cyril.

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