papa

Ce papa qui dort mal

Voilà 6 mois que notre petite fille est née et que tu es devenu papa. J’ai fait le choix de l’allaiter, d’abord pour elle et aussi pour toi. Parce que ton travail n’est pas sans risques, je voulais m’assurer que tu dormes bien. Alors forcément, je vis mal le fait que tes nuits soient de mauvaise qualité. Ce matin encore, je te cite : “Encore une nuit abominable !”. Pourquoi je prends ça comme un affront ? Pourquoi tu dors mal ?

Depuis ce grand jour, j’ai bien compris le sens particulier du rôle de maman. Ce contrat à durée indéterminé, l’astreinte 24h/24h et 7j/7j. Régulièrement, les nuits sont hachées menu par les réveils intempestifs de notre puce. Mais le syndrome de la sauveuse me réconforte. Mes efforts ne sont pas vains. Au moins, toi, tu dors bien. Au moins l’un de nous deux sera reposé. Mais ça n’arrive pas ou trop peu. Ta fatigue au matin, réduit mon sacrifice à peau de chagrin. Tes yeux cernés me fendent le cœur et me mettent en colère. Comment peux-tu me faire l’affront de mal dormir ? On s’était mis d’accord pour que sur l’un de tes deux jours de repos, tu t’occupes d’elle au réveil. Ce qui devait me permettre de dormir 30 min de plus… de faire la grasse mat. Ce petit rien a un goût de luxe. Surtout que ces matins-là n’arrivent pas ou si peu. A-t-on idée du niveau d’abnégation d’une maman ? Ca en devient insensé. Quand je m’offre un moment à moi, j’en profite si peu. Je fais les boutiques avec cette indécollable sentiment de culpabilité. “Comment ai-je pu laisser mon trésor pour un plaisir aussi futile ?”

Ce qu’on sous-estime encore plus, c’est le niveau de stress des papas. J’ai commencé à en prendre conscience à la maternité. Tu m’as permis de me rendre compte de toute la difficulté de devenir papa. Si mon rôle est un job à temps complet, que dire du rôle père ? Il t’est tombé dessus cette mission de subvenir à nos besoins même si tu venais à disparaître. Une mission au-delà de la mort. Est-ce que tu retrouveras tes nuits tranquilles le jour où la maison sera payée ? Le jour où nous aurons une rente à vie ? Tu n’as certainement pas besoin de mon agacement ou que je te mette la pression. Tu ajoutes à ces injonctions patriarcales tes aspirations d’homme féministe qui change les couches, fait le ménage et les courses, prépare le repas…

Viens mon cœur, allons méditer. Tentons pendant quelques minutes de ne penser à rien, d’oublier notre rôle de parent et l’ouragan Alice. De cet harassement, la fatigue nerveuse est la plus insidieuse.

Viens mon amour, profitons d’un câlin ou d’un apéro en amoureux pour ne penser qu’à nous. Souviens-toi à la maternité, ce premier câlin et ce premier apéro, ils nous ont donné autant d’énergie qu’une sieste avec une dose de courage en plus.

Interlude précieux pour se prendre moins au sérieux.

Intermède parfait pour se rappeler : ”Elle est pas belle, la vie?”

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4 Comments

  1. “Comment ai-je pu laisser mon trésor pour un plaisir aussi futile ?”
    Probablement parce que tu n’es pas que mère mais avant tout femme. Et que tu as le droit en plus de jouer ton rôle de mère, de vivre aussi ta vie de femme. 🙂
    Ce n’est pas interdit. 🙂

    • La question est surtout rhétorique. J’ai beau savoir que j’ai bien le droit de vivre un peu pour moi, le sentiment de culpabilité ne me quitte pas. Depuis que la sage femme a déposé cette petite merveille sur mon ventre, mon attention est focalisé sur ses besoins à elle. On en oublierai même de satisfaire une envie de pipi 😀

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